lundi 17 janvier 2011

quand faut y aller, faut y aller

Parfois on sent que ça va mal tourner.
On va à l'audience en sachant pertinemment qu'on va se faire bouler sur la demande de renvoi.
Mais on y va quand même le coeur vaillant et la fleur au fusil en ayant rien préparé.
Je ne pouvais rien préparer de toute façon, je n'étais que postulant dans cette affaire.
Il s'agissait donc, après s'être excusé de demander pardon, d'indiquer à la juridiction que la demande formulée par ma bouche était absurde mais que,
c'est pas ma faute à moi,
qui ne suis même pas une lolita, mais juste la boite aux lettres d'un (très très cher) confrère marseillais qui n'avait pas jugé utile de m'envoyer le moindre commencement de début de pièces à produire, voir même un quelconque dossier de plaidoirie au cas où...
Il fait vraiment trop chaud dans les salles d'audience où l'on doit plaider en ayant découvert le dossier par l'instruction qui en a été faite par le président d'audience.
On en devient tout rouge.
En rouge et noir, j'aurai pu me lancer dans une chorégraphie façon Jeanne Mas
J'ai pas osé.
Pourtant on était plus à ça prêt.
Le baptême de la plaidoirie surprise, 
ça c'est fait.

jeudi 13 janvier 2011

l'homme moderne

Il est des jours d'effervescence ou tout s'enchaîne avec tension
l'impression de tout maîtriser y compris la maîtrise même
comme un shoot de cocaïne
la pensée en alerte vive, l'esprit qui galope, le stress moteur
l'impression d'un contrôle absolu de l'intellect sur le corps
le sentiment que l'épuisement n'arrivera jamais
être capable de sauter du coq à l'âne en excellant à chaque fois
jongler entre le téléphone, les courriers, les dossiers
lacher le bon mot au bon moment
faire coller sa pensée avec son expression
sans rature, sans erreur
percuter
tirer
toujours dans le mille
Je suis un super héros
Je suis un homme pressé
Une comète humaine universelle...
sans désirs noirs
ce soir c'est champagne, il faut enchaîner
la soirée doit être à l'image de la journée.

mardi 11 janvier 2011

Help

J'ai une aversion pour tout ce qui est lié de près ou de loin à la paperasse. La bureaucratie énerve tout le monde modérément, mais en ce qui me concerne le degré d'énervement atteint un absolu qui fait que je ne veux même pas avoir à en entendre parler. Rien que d'écrire ces lignes fait monter ma tension et mes doigts tremblent sur le clavier que je voudrais voir transpercer l'écran dans un implosion multicolore qui créerait un vortex m'aspirant dans un monde où l'on a pas à s'occuper de ses... "papiers" (à prononcer avec le dédain le plus profond que vous puissiez imaginer).

Laaaaaaiiiiiiiiiissez GRILLER les ptits papiers! chante la vieille rouquine...
Oui, qu'ils arrêtent de nous emmerder et que tous les buroyers crèvent en enfer.
Je deviens grossier, mais c'est lié à l'agacement, vous m'excuserez.

Je commence un exercice professionnel libéral, pour mon plus grand malheur. Je suis donc submergé de trucs à faire, de déclaration à remplir, de papiers à envoyer, de cases à cocher, d'attestations à fournir, de photocopie à faire, de formulaires à déchiffrer, de déplacements à envisager...
Ca s'entasse
La liste des choses à faire s'allonge
J'attends

En outre, comme disent les gens de ma profession, j'ai une sainte horreur des chiffres, de l'argent, des finances, de l'économie, des comptes...

Il faut portant que j'ouvre un nouveau compte en banque dédié à cet exercice professionnel, il faut que je commence à me soucier de ce que doit être une comptabilité, des incidences fiscales de mes choix...
Une chose est sûre, alors que tout le monde va s'en sortir admirablement en y laissant le moins de fric possible, moi je vais me faire niquer. C'est une certitude, ça se passe toujours comme ça.

Car une chose est avérée, si tu n'aimes pas les chiffres et la paperasse, ils te le rendent bien!
Rien que pour ça, je pourrais tout arrêter.
Est ce que quelqu'un pourrait prendre en charge ma vie?
S'il vous plait?

lundi 10 janvier 2011

2011, année politique

Il y a une chose qui va me réjouir cette année, ce sont les prémices de la course à la présidentielle qui aura lieu en 2012. Un vrai bonheur et une source intarissable de fou-rires à répétition. Le premier ce midi en déballant mon journal de son blister

vendredi 7 janvier 2011

bilan

Une semaine, déjà
Une semaine, enfin
Je ne sais plus quoi en penser
Elle était excitante et stressante, la semaine des premières fois, premières audiences, premiers rendez-vous, premiers ports de la robe, premières vraies responsabilités...
Elle était corrélativement épuisante.
L'impression d'avoir deux mois de travail dans les jambes.
Ce n'est que le début, mais je reste curieux de voir la suite.

mercredi 5 janvier 2011

bis repetita

journée d'audience acte II scène 1
il était une fois la grève des avocats
sous payés au titre de l'aide juridictionnelle
refusant l'aumône, le renvoi était demandé
toujours grand seigneur de la confraternité
je ne m'y suis opposé
ce qui m'arrangeait beaucoup d'ailleurs
puisqu'après étude du dossier
qu'il aurait été judicieux d'étudier avant
je vous l'accorde
j'ai compris qu'il fallait mieux tout arrêter
puisqu'il n'y avait plus rien à gagner
plutôt que de continuer à perdre son temps
on va donc s'arrêter là.

première

Première audience en robe, un vrai baptême, j'en suis ressorti en nage et pourtant je n'avais rien à faire d'autre que :
1 - ne pas m'opposer à la demande de renvoi (grand seigneur de la confraternité)
2 - demander le renvoi (plus délicat car on est jamais sûr de l'obtenir)
Bref, j'ai réussi à être pris dans une discussion au moment de l'appel du dossier n°2 et c'est l'oeil interrogateur du président qui patientait en me scrutant qui a forcé tout le monde à braquer son regard sur ma petite personne distraite pour me rappeler à l'ordre.
Je vous présente toutes mes confuses.
ça recommence cet après midi... ça n'arrêtera donc jamais?